Rigantona, Clairière drômoise du Collège druidique des Gaules

Rigantona, Clairière drômoise du Collège druidique des Gaules

Un atome gaulois ?

En visitant cette fin d’été 2010 pour la première fois le musée gallo-romain de Lyon- Fourvière, ma curiosité fut piquée par un curieux objet gaulois, dont le panonceau explicatif… n’expliquait rien du tout ou presque, puisque il se contentait de mentionner (de mémoire) : « objet gaulois en cuivre, usage inconnu ».

 

Je m’aperçus bientôt que cet objet était en fait connu sous le nom de « dodécaèdre bouleté » ou « perlé », et qu’il était présent dans nombre de musées français (Saint Germain en Laye, Poitiers, Vienne, entre autres) et européens.

 

En effet, à ce jour, 76 dodécaèdres gallo-romains ont été découverts, sur des sites répartis pour la plupart au nord des Alpes dans un périmètre qui correspond grosso-modo à celui de l’ancienne civilisation celtique : Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, France, Suisse, Autriche et Yougoslavie. On n’en a trouvé aucun sur le pourtour de la Méditerranée (Italie, Espagne, Grèce, Egypte,...), ce qui semble donc exclure toute influence romaine, et a fortiori grecque (même si les dodécaèdres font partie des polyèdres réguliers connus sous le nom de solides platoniciens).

 

On n'a jamais découvert deux dodécaèdres parfaitement identiques : tous sont différents par leurs dimensions (les hauteurs varient de quarante à quatre-vingt cinq millimètres), leur poids, les dimensions des ouvertures et la relation entre les tailles respectives de celles-ci. Les seules contantes que l'on puisse mettre en évidence sont la forme géométrique (polyèdre régulier à douze face pentagonales égales), la présence systématique des ouvertures et des petites sphères appliquées aux angles. Les faces internes des dodécaèdres sont laissées brutes. Les faces externes, en revanche sont bien finies. Leur ornementation se compose le plus souvent de deux à trois cercles concentriques et dis ou douze ouvertures. Une réalisation aussi délicate suppose une maîtrise technique cerrtaine (les boules ne sont pas soudées par apport de matière !), conjuguée à une solide connaissance des volumes géométriques et à une très grande dextérité.

 

Quel usage ou signification peut-on donner à ce dodécaèdre qui a intrigué des générations d'archéologues ?

 

Les contextes archéologiques de dodécaèdres sont très rarement connus. cedux qui le sont (matériel archéologique d'accompagnement, aport des textes et comparaisons avec des objets apparentés) n'ont fourni aucune indication valable à cause de leur diversité et de leur imprécision relative. Du coup les hypothèses se bousculent : élément décoratif (pommeau de sceptre), jouet (bilboquet), casse-tête, chef d'oeuvre montrant le savoir-faire d'un artisan, bougeoir, calibre, ont notamment été évoqués. On a également émis l'hypothèse qu'il pouvait s'agir d'un objet utilisé à des fins cultuelles ; toutefois aucun dodécaèdre n'a été mis au jour à l'intérieur ou dans les environs d'un sanctuaire. Certains sont tentés de l'interpréter aujourd'hui comme étant un instrument en relation avec l'astronomie : les douze faces représenteraient les douze mois de l'année, les trenete arêtes les jours du mois. Pour d'autres, il s'agirait d'un nstrument de mesure géodésique (en se basant sur la différence de diamètre et sur la distance séparant les deux faces, on disposerait de données permettant de calcule rla distance séparant l'observateur d'un objet éloigné). Autant dire que le mystère reste entier. Alors rêvons un peu...

 

Pour Jean Cocteau, "le poète est un mensonge qui dit toujours la vérité" ; quelle cérité l'artiste Dominique Billaroch a-t-il pu exprimer avec cette photo :

 



« Histoire de boules-
Le dodécaèdre gallo-romain à l'atomium » ?

 

S'agit-il de la même intuition qui me laissait en arrêt devant une vitrine de musée ? Et si les secrets de lamatière n'étaient pas inconnus de nos ancêtres les Gaulois, tout du mons de leurs savants .? c'est ce qu'exprime aussi à sa manière le groupe de musique bretonne Korriganed dans sa chanson "eau de chêne" :

"[...] Oh dis-moi Druide, cercles de blé, branche de gui,

Oh dis-moi Druide, dis-moi le secret des séries

huit atomes dans la centrale se fissonnent en spirale [...]"

 

Et de fait le dodécaèdre bouleté est l'exacte représentation d'une molécule nommée dodécaédrane, comme on peut en juger ci-dessous :

 


Dodécaèdrane

 

Il s'agit certes d'une molécule synthétique d'hydrocarbure, mais le pétrole (huile de roche) et l'alchimie étaient familiers aux Anciens (on pense ainsi que e feu grégeois pouvait conteir du kérosène, obtenu par distillation du pétrole) ; pour Louis Pauwels et Jacques Bergier, l'alchimie "pourrait être l'un des plus importants résidus d'une science, d'une technique et d'une philosophie apppartenant à une civilisaton engloutie", et leur Matin des magiciens (1960) nous donne une petite idée de ec que l'on doit aux ancêtres ed nos modernes laborantins :

 

  • Albert le Grand (1193-1280) réussit à préparer la potasse caustique. Il fut le premier à décrire la composition chimique du cinabre, de la céruse et du minium ;
  • Théophraste Paracelse (1493-1541) fut le premier à découvrir le zinc, jusqu'alors inconnu ;
  • Basile Valentin découvrit au XVIIe siècle l'acide sulfurique et l'acide chlorhydrique
  • Etc, etc.

 

Spéculations absurdes ? Peut-être, mais ni plus ni moins que nombre de conjectures listées plus haut à propos des dodécaèdres. lisons encore Pauwels et Bergier : 

 

"Il a fallu qu'un ingénieur allemand, Wihelme König, visite par ahasard le musée de Bagdad pour s'apercevoir que des pierres plates trouvées en Irak, et classées comme telles, étaient en réalité des piles électriques, utilisées 2000 ans avant Galvani. Les musées d'archéologie regorgent d'objets classés "objets de culte" ou "divers" sur lesquels on ne sait rien. [...] Peu d'archéologues ont des connaissances scientifiques et techniques. Moins encore sont à même de se rendre compte qu'un problème technique peut être résolu de façons différentes, et qu'il y a des machines qui ne ressemblent pas à ce que nous appelons des machines : sans bielle, manivelles, ni rouages.[...] des enregistrements complexes peuvent être contenus dans des cristaux. Des bibliothèques entières sont-elles enfermées dans de petites pierres taillées ? Si, dans 1000 ans, notre civilisation s'étant effacée, des archéologues retrouvaient des bandes magnétiques par exemple, qu'en feraient-ils ? Et comment feraient-ils une différence entre une bande vierge et une bande enregistrée ?"

 

Un constat établi il y a 50 ans, qui pourrait tout aussi bien l’être aujourd’hui…

 

Et à ceux qui pensent encore que nos ancêtres les gaulois étaient des brutes illettrées qui ont appris à lire grâce aux romains ou aux grecs, nous objecterons le magnifique calendrier en bronze en langue gauloise (dit calendrier de Coligny, non intégralement déchiffré) conservé au musée gallo romain de Lyon Fourvière.

En dernier ressort, ne sont-ce pas des connaissance ancestrales de type atomique qui se faufilent à travers le temps et permettent de trouver sous la plume de Jean de la Fontaine (« Les deux rats ,Le renard et l'œuf ») la description d’un photon  en même temps qu’un clin d’œil à l’alchimie :

 

"[...] J'attribuerais à l'animal

Non point une raison selon notre manière,

Mais beaucoup plus aussi qu'un aveugle ressort :

Je subtiliserais un morceau de matière,

Que l'on ne pourrait plus concevoir sans effort,

Quintessence d'atome, extrait de la lumière,

Je ne sais quoi plus vif et plus mobile encor

Que le feu : car enfin, si le bois fait la flamme,

La flamme en s'épurant peut-elle pas de l'âme

Nous donner quelque idée, et sort-il pas de l'or

Des entrailles du plomb ? [...]"

 

Non, décidément, l n'est pas dit que science, histoire et poésie soient étrangers l'un à l'autre...

 

Barde Erispoë

 

Article paru dans Ar Gaël n°

 



04/09/2017
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