Rigantona, Clairière drômoise du Collège druidique des Gaules

Rigantona, Clairière drômoise du Collège druidique des Gaules

Tristan et Iseult : un roman initiatique

Tristan et Yseut, un roman initiatique

 

Les critiques sont unanimes pour saluer le travail novateur de Gertrude Schoepperle 1 qui, dès 1913, a fait la preuve des origines celtiques du roman de Tristan et Yseut. C'est un fait désormais acquis, comme l'atteste l'affirmation de C. Guyonvarc'h et F. Le Roux : « ce sont les Celtes qui ont légué à l'Europe médiévale, par le biais de la légende arthurienne (Tristan et Yseut), le thème – qu'on a pu imiter mais pas dépasser - de l'amour absolu et du destin librement choisi et assumé. » 2

 

En 1912, J. Loth établissait que la toponymie du roman de Béroul pouvait être retrouvée « dans le Cornwall actuel, soit sur les cartes du pays ou parmi les lieux-dits du cadastre, soit sur les lèvres des paysans. » 3 Dans le même ouvrage, l'auteur montrait que les prénoms Tristan et Yseut étaient celtiques et pour le second au moins cornique. Ainsi, Tristan serait « une forme galloise, transmise aux écrivains étrangers par l'écriture ; [et] remonte[rait] à un vieux brittonique Drustano- » et « le nom gallois Essylt a[urait] pu être transmis par l'intermédiaire des Anglo-Saxons sous la forme Isylt. » 4 Les dictionnaires nous apprennent que l'un renvoie à la tempête, au tumulte et l'autre à la beauté.

 

La trame même de l'histoire a pu être rapprochée de mythes attestés dans la littérature celtique insulaire : « Grainne [L'héroïne de La Poursuite de Diarmaid et Grainne] et Deirdre, [celle] de L''Exil des fils de:Uisliu, sont promises à des rois puissants et âgés, tous les deux mythiques - Finn, maître des aimaux et de la forêt et Conchobar Mac Nessa, souverain de l'Ulster. Créd, l'amante de Cado, est l'épouse du vieux roi Marcan dont le nom est un diminutif de celui de Marc » 5  (L'Histoire de Cano, fils de Garnan). Dans ce contexte, le philtre magique devient le support physique de la geis. Une analyse poussée de la ressemblance entre l'histoire de Grainne et de Tristan fait ressortir clairement les points de contact entre les deux épisodes : "Des épisodes identiques, des motifs analogues apportent la preuve matrérielle de leur relation. La pierre qui sépare Diarmaid et grainne endormis côte à côte dans la forêt annonce l'épée de chasteté placée entre Tristan et Iseut le jour où le roi Marc les surprend dans la loge de feuillage. Saut prodigieux de Diarmaid d'un côté, saut non moins prodigieux de Tristan dans l'épisode de la chapelle. Le rôle que joue OEngus dans Yaithed est comparable à celui de l'ermite Ogrin auprès de Marc. Le motif de l'eau indiscrète ou hardie qui sert à enchaîner Diarmaid à son destin tragique est repris dans le Tristan - épisode d'Iseut aux Blanches Mains - où, malgré son emploi ingénieux, il perd de son importance "organique", ainsi que l'a bien vu G. Schoepperle.

Enfin, le théme de la fatalité est tout-puissant dans Diarmaid et Grainne comme dans les autres aitheda. Le héros, recherché, élu malgré lui par la femme, cède à une contrainte inévitrable - une geis - une exigence d'honneur. Ou plutôt il est pris entre deux honneurs contradictoires, entre une devoir conforme à l'ordre social et un sentiment violent de sa dignité. Ce conflit tragique le conduit à violer des interdictions et se dénoue pour lui par la mort. On aura remarqué aussi que dans Yaithed, la femme, emportée par ne passion sans frein, a l'initiative, défie l'homme implacablement, lui impose la fatalité de l'amour. Cette fatalité ne s'affaiblit pas dans le Tristan. Mais elle y change de forme, et même de nature, ou de catégorie. La geis et ses héroïques subtilités ont paru aux auteurs français peu intelligibles. La donnée celtique gardait à leurs yeux quelque chose à la fois de choquant et de flou. Ils ont senti le besoin d'un embellissement et d'une mise au point. » 6

 

Sur le plan des mentalités, la puissance du lien de vassalité qui unit Tristan au Roi Marc et celui de l'hospitalité sont des traits cetltiques certains.7 De même, il y a une « évidence de l'intertexte celtique dans les récits de lutte contre le Morholt ou le dragon » 8. La légende du roi Marc aux oreilles de cheval, fait référence à un jeu de mot typiquement lié à la langue des Celtes puisque marc'h signifie cheval en breton, gallois et cornique. Enfin, le personnage principal du roman, Tristan, a des caractéristiques qui le rapprochent indubitablement des héros épiques celtes : il est excellent archer, maître dans l'art de la chasse et expert en chiens ; il fait preuve d'une agilité extraordinaire dans l'épisode du Saut de la chapelle ; il joue de la harpe qui est l'instrument celtique emblématique ; «  à cause de la coutume bien attestée chez les Irlandais et les Gallois de confier les enfants à des parents nourriciers, les liens entre Tristan et Marc sont plus forts que ceux qui unissent d’ordinaire oncle et neveu ».9 ; il sait composer des lais et imiter le chant des oiseaux et bien sûr c'est un valeureux guerrier qui triomphe de ses ennemis monstrueux, le géant et le dragon, et qui porte encore des … « braies 10 » ! On pourrait poursuivre la démonstration avec le personnage principal féminin mais également avec les personnages secondaires, les lieux, etc.

 

Mais notre propos aujourd'hui est d'essayer de repérer des éléments qui, dans cette matière mythique, nous permettent de repérer des traces effectives de rituels celtes d'initiation en montrant que la trame du récit obéit à l'analyse proposée par S. Vierne dans sa thèse 11, trame que le passage au conte dans un premier temps, puis au roman ensuite, ne permet pas de reconnaître de prime abord.

Dans le roman de Béroul, certains épisodes, abondamment commentés, comme celui de l'épée placée entre les deux amants dans la forêt de Morrois qui leur évite le courroux meurtrier de Marc, n'ont aucune valeur réaliste dans la narration. Pourquoi donc Tristan chercherait-il à mettre une distance entre lui et Yseut alors que leur union charnelle est consommée depuis longtemps et semble-t-il, abondamment ? De même, pourquoi leurs poursuivants, alors même qu'ils savent où ils se trouvent, n'organisent-ils pas une battue qui permettrait de les déloger de leur refuge sylvestre ? On pourrait multiplier les « détails » du roman que l'auteur ne cherche quelquefois même pas à rendre cohérents. Ce sont les signes, à notre avis, du récit oral antérieur qui a inspiré les auteurs du XIIème siècle et qui charrie les restes du mythe, c'est-à-dire d'un pan de la vision spirituelle des Celtes. Et c'est ce que nous allons essayer de mettre au jour à partir de la structure initiatique des romans tristaniens.

 

Le mythe renvoie nécessairement au divin mais les versions du XIIème siècle ont des connotations religieuses explicitement chrétiennes. Néanmoins, sous ce vernis évangélisé, se cachent des symboles qui ne peuvent être compris sans faire référence aux croyances celtiques. Ainsi, si Marc peut être analysé comme un personnage humain en proie aux affres de la jalousie (lecture romanesque), s'il incarne la souveraineté politique au même titre que le roi modèle Arthur, bien que de manière très affaiblie (lecture socio-historique), il peut aussi être compris comme représentant divin puisque « l’animal symbolise le fait que le héros ou le roi appartient à l’Autre Monde, qu’il a des connaissances surnaturelles . L’association de Marc avec le cheval est d’autant plus lourde de sens que le cheval était un animal sacré chez les Celtes » 12 et plus particulièrement un animal réputé psychopompe. De même le passage d'un gué qui figure le frontière avec l'Autre Monde est devenu un lieu commun des mythes, celtes notamment. 

 

Mais le personnage qui est porteur de la charge divine la plus lourde de sens nous semble être Yseut. Outre ses fonctions de guérisseuse et de magicienne, qui lui confèrent au minimum un statut proche de celui de prêtresse, Yseut la Blonde apparaît à certains comme un personnage féérique : dans sa version Eilhart « a, consciemment ou inconsciemment, utilisé un motif attesté dans la tradition populaire, en particulier dans les contes de fées : la quête d’une femme merveilleuse déclenchée par un de ses cheveux (dorés). […Or,] dans l’aire mythologique celtique, d’où la légende de Tristan et Yseut est très probablement issue, la transformation de femmes merveilleuses en oiseau est chose commune . Ainsi les hirondelles qui apportent un cheveu doré de la princesse prennent désormais une autre allure »13.

Mais d'autres poussent l'analyse plus loin encore et font d'Yseut une déesse évhémérisée : « si les gants qu’elle a apportés d’Irlande sont « de verre », ils sont féériques . Le rayon de lumière qui tombe sur son visage est lui aussi « lié à l’épiphanie de l’Autre Monde » et on peut rapprocher son nom de ceux de fleuves qui étaient sacrés chez les Gaulois . La présence de la reine au gué est symbolique puisque c’est le lieu habituel dans les récits celtiques, de la lutte pour la Souveraineté. L’ensemble de ces indices montre bien qu’Yseut est avant tout une déesse-mère, source de vie, nourricière, capable d’octroyer le pouvoir au prétendant qui lui agrée. »14

 

Deux pistes s'ouvrent donc à nous à propos d'Yseut : soit Yseut est une image de la Déesse soit Yseut est une prêtresse de la Déesse, pistes qui peuvent être suivies toutes deux puisque d'une part, le roman peut amalgamer des traces de signification différente et d'autre part, la prêtresse accomplie devient en quelque sorte la Déesse qu'elle sert. Dans le premier cas, Yseut est la Déesse au culte de laquelle va être initié Tristan, dans le second, Tristan, autant qu'Yseut sont les mystes à initier.

Même à partir d'une lecture superficielle, le lecteur ne peut manquer d'être surpris par l'homonymie des prénoms. Ainsi Yseut est-elle visiblement la mère dans le personnage de la reine d'Irlande, sœur du Morholt, ce qui de plus, signe son appartenance à l'Autre-Monde mais également la fille vierge puis l'amante en la personne d'Yseut la Blonde, et enfin l'épouse, Yseut aux blanches mains. Yseut peut donc être interprétée comme une image de la Déesse triple, c'est-à-dire la Déesse Blanche chère à Robert Graves 15. En effet, le blanc est « la couleur caractéristique des êtres féeriques de l'Autre-Monde dans la tradition celtique. » 16 Nous noterons d'ailleurs que Tristan lui aussi est affilié à ce monde autre par l'intermédiaire de sa mère Blanchefleur, dont le nom anticipe l'épisode qui signera la découverte des amants par le roi Marc puisque blato en gaulois signifie tout autant fleur que farine 17.

Yseut représente également la Déesse Blanche dans ses trois appartenances, céleste, terrestre et souterraine. En effet, sa blondeur et sa brillance, en lui conférant un aspect solaire, la rattache au Ciel tandis que sa maîtrise des potions et poisons en font une divinité de la Terre par l'intermédiaire des arbres et des plantes. Enfin, en tant que mère créatrice et par sa colère destructrice (voir notamment l'épisode qui conduit à la mort des barons 18) elle règne sur le royaume souterrain. 

 

Les aventures de Tristan suivent un schéma initiatique redondant que nous pouvons interpréter comme l'accession aux différents degrés de l'initiation.

 

La naissance illégitime de Tristan, qui le place d'emblée hors des lois sociales communes, est marqué du sceau de l'amour et de la mort puisque ses parents s'aiment d'un amour fou mais meurent tôt , avant sa naissance pour son père et en couches pour sa mère. De plus, selon certaines versions, cette naissance intervient en pleine mer, lieu matriciel et initiatique si l'en est. Tristan apparaît donc dès sa naissance comme un héros potentiel dont les futures initiations ne seront qu'une amplification de sa première venue au monde, une suite de renaissances qui lui permettront d'entrer dans la mort réelle déjà plusieurs fois mort et rené.

 

La jeunesse de Tristan est encadrée par Governal qui lui « appr[end] à manier la lance, l'épée, l'écu et l'arc, à lancer des disques de pierre, à franchir d'un bond les plus larges fossés ; il lui appr[end] à détester tout mensonge et toute félonie, à secourir les faibles, à tenir la foi donnée ; il lui appr[end] diverses manières de chant, le jeu de la harpe et l'art du veneur ».19 D'ailleurs, dans sa thèse, Shahla Nosrat, assimile l'enseignant de Tristan à un druide instructeur 20 capable de lui transmettre la science et la sagesse druidiques. Nous pouvons confirmer cette proposition en nous référant au verbe de l'ancien français « governer » 21 qui renvoie autant au fait de se diriger que de prendre soin qui renvoient autant à la faculté d'initier un chemin qu'à celle de faire croître son élève. De plus, Béroul précise que Governal a « un bâton de chêne » 22, attribut symbolique qu'il n'est pas nécessaire de commenter. Tristan a donc été soigneusement préparé avant la première initiation, l'initiation de puberté. La séparation des profanes s'effectue de manière brutale et radicale pour Tristan puisqu'il s'agit d'un enlèvement par des marchands norvégiens qui l'emmènent de nouveau sur la mer (lieu de sa première naissance, rappelons-le) qui « se souleva furieuse, enveloppa la nef de ténèbres, et la chassa huit jours et huit nuits à l'aventure. » 23 C'est le voyage dans l'Au-delà dont il ne nous est rien dit mais pendant lequel on imagine sans peine le jeune homme soumis au froid, à la peur, à la fatigue, au doute et au silence glaçant. Nous noterons également l'importance du nombre huit qui reviendra à plusieurs reprises dans les aventures du myste et dont nous évoquerons la symbolique ultérieurement.

Tristan ressort neuf de cette épreuve maritime et fait aussitôt la preuve de son nouveau statut en mettant en pratique sa dextérité de veneur et de harpeur 24. De plus, c'est à ce moment-là qu'il est reconnu par son oncle maternel Marc qui l'adoube, concrétisant ainsi ce nouveau statut par le titre médiéval de chevalier. Enfin, il reconquiert sa terre et venge son père biologique, preuve de sa valeur guerrière. Tristan est désormais digne d’appartenir à la communauté des hommes, but de cette première initiation.

 

Nous pouvons désormais rappeler les phases essentielles du schéma initiatique afin de le mettre en évidence dans la suite du roman :

 

  1. Préparation du myste

  • délimitation du lieu sacré

  • purification du futur initié

  • séparation dramatique ou symbolique du monde profane

  1. Voyage dans l'Au-delà

  • entrée dans le domaine de la Mort par perte de connaissance et qui prend souvent l'allure d'une entrée impossible pour la raison

  • épreuves initiatiques (jeûne, froid, fatigue, veille et silence)

  • mort initiatique qui peut prendre diverses formes (dépecement physique et/ou psychique par digestion ou combat contre un monstre, regressus ad uterum, voyage vers une île mythique, descente aux Enfers ou montée au Ciel)

  1. Renaissance

  • expulsion plus ou moins violente du monde sacré

  • retour au monde profane

  • changement de nom qui atteste de la métamorphose de l'être

 

S. Vierne précise par ailleurs que toute redondance du scénario initiatique est la marque de degrés successifs dans l'initiation, la dernière initiation étant obligatoirement la mort réelle 25. Nous allons donc vérifier que ce schéma est repérable dans les différents épisodes que vit Tristan avant d'en étudier le sens et la symbolique.

 

 

 

Notes :

 

1  Gertrude Schoepperle, « Tristan and Isolt ». A Study of the Sources of the Romance, 2 vol. Londres-Francfort, 1913.

2  Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, La civilisation celtique, Ouest-France, 1990, p. 78.

3  Vendryes Joseph, « J. Loth. Contributions à l'étude des Romans de la Table Ronde. » In: Journal des savants. 11e année, Octobre 1913, pp. 465-467.

4  Langlois Emile, "J. Loth. Contributions à l'étude des Romans de la Table Ronde avec une carte, Paris, Champion, 1912"  in Bibliothèque de l'école des chartes, Année 1913, Volume 74, Numéro 1, p.-140-142.

5 Claude Evans, Le personnage d'Yseut dans le Tristan de Béroul et les Folies de Berneet d'Oxford : une perspective inspirée par les textes irlandais et gallois http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=RMA_111_0095 ,p. 13.

6  Frappier Jean. Structure et sens du Tristan : version commune, version courtoise. In : Cahiers de civilisation médiévale. 6e année (n°23), Juillet-septembre 1963. pp. 255-280. doi : 10.3406/ccmed.1963.1274

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ccmed_0007-9731_1963_num_6_23_1274 p. 257.

7.  Loth Joseph. « Un parallèle au roman de Tristan, en irlandais, au Xe siècle ». In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 68e année, N. 2, 1924. pp. 122-133.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1924_num_68_2_74920 p. 133.

8  Alain Corbellari, « Tristan et Iseut chez les Celtes ou la tentation de la pureté dans quelques adaptations tristaniennes post-bédieristes », Cahiers de recherches médiévales [En ligne], 11 | 2004, mis en ligne le 06 mai 2011, consulté le 20 février 2014. URL : http://crm.revues.org/1743 ; DOI : 10.4000/crm.1743 p. 6.

9  Claude Evans, op. cit. p. 11.

10 Béroul, Tristan et Yseut, Edition de Daniel Poirion, coll. Folioclassique, Gallimard, 2000, p. 93.

11 Simone Vierne, Rite, Roman, Initiation, PUG, 1973.

12 Claude Evans, op. cit. p. 11.

13 Leonardo Hincapié, « Une lecture junguienne de la littérature médiévale », Perspectives médiévales [En ligne], 35 | 2014, mis en ligne le 01 janvier 2014, consulté le 28 février 2014. URL : http://peme.revues.org/4043 ; DOI : 10.4000/peme.4043

14 Claude Evans, op. cit, p. 8.

15 Robert Graves, Les Mythes celtes, La Déesse blanche, Editions du Rocher, 1979 et 2007.

16 Marie de France, Lais, Édition bilingue de Philippe Walter , coll. Folio classique, Gallimard, 2000, p. 435.

17 Il reste quelque chose de cette homonymie dans l'expression « fleur de farine ».

18 Béroul, op. cit. p. 173.

19 Joseph Bédier, Le roman de Tristan et Iseut, Éditions 10/18, 1981, p. 19.

20 Shala Nosrat, Origines indo-européennes des deux romans médiévaux : Tristan et Iseut et Wîs et Ramîn, Thèse de doctorat en littérature comparée, Université de Strasbourg, février 2012, p. 204.

21 A. J. Greimas, Dictionnaire de l'ancien français, Laorusse-Bordas, 1999, p. 296.

22 Béroul, op. cit. p. 76.

23 J; Bédier, op. cit. p. 20

24 J. Bédier, op. cit. p. 22.

25 S; Vierne, op. cit. p. 51.

 

 

Initiation de Tristan pour mourir à lui-même :

 

 

  Préparation du myste Voyage dans l'Autre Monde Renaissance

La jeunesse 

de

Tristan

 

 

Naissance séparée (nef sur la mer) marquée du sceau de l'amour illégitime et de la mort (Blanchefleur, femme-fée)

Enlèvement par des marins norvégiens (nef sur la mer)

Errance pendant 8 jours et 8 nuits (ténèbres)

 

Reconnaissance de son oncle et Adoubement

Reconquête de sa terre, justice par rapport à son père, a deux pères de substitution (Marc et Rohalt)

 

La mort

du

Morholt

 

Le combat est préparé par les cloches, les pleurs et les prières

L'île Saint-Samson est le lieu sacré par excellence + une seule barque (nef)

 

Tristan vainc le Morholt mais est empoisonné.

Dérive seul avec sa harpe pendant 7 jours et 7 nuits (nef sur la mer) : Bédier p. 33 comparaison avec les îles Fortunées et est trouvé inerte

Reste 40 jours chez Iseult (île sacrée d'Irlande)

 

Guérison par la magicienne : acquiert des pouvoirs de magicien et d'enchanteur (Bédier p. 36)

Acquiert le droit d'aller conquérir Iseult pour le roi Marc.

Nouveau nom = Tantris

 

 

Le combat contre

le

Dragon

 

Repart seul vers l'île d'Irlande dite « terre périlleuse » par Bédier (p. 38)

 

Combat contre le Dragon // avec la « tête de guivre » d'Iseult

Coupe la langue

Empoisonné et inanimé dans le marécage (Bédier p. 41)

Réveillé par la mère, purifié par l'eau (bain + baume)

Obtient la Reine aux cheveux d'or (= trésor)

 

Le philtre

 

 

Nef sur la mer pour rejoindre la Cornouailles

Iseult séparée des siens dans les pleurs.

Tandis que les marins sont sur une île, Tristan et Iseult, seuls sur la nef.

.

 

 

Souffrances physiques = chaleur et soif intenses

Philtre = mort

Jeûne, souffrances (Bédier p. 52) et au 3ème jour : union charnelle

 

Hiérogamie entre le Roi et la Prêtresse, entre le Ciel et la Terre qui renouvelle la puissance de fécondité du monde

Période faste pour les deux amants à la Cour de Marc

 

La forêt du

Morroi

 

 

Dénoncés, puis confondus par le sang et la farine, ils sont arrêtés et enchaînés pour être conduits au bûcher

 

Entrée irrationnelle par le Saut Tristan

L'Autre-Monde = la forêt (nudité, pauvreté, solitude, retour à l'essentiel), regressus ad utérum

Traversée de la Blanche-Lande.

 

Retour à la vie profane avec une nouvelle virginité grâce au pardon de Marc

 

 

L'exil

et le mariage

 

 

Tristan dans le souterrain (nouveau regressus ad utérum)

Puis exil

 

Fausses identités (Tristan déguisé en fou, marchand, pèlerin, lépreux, musicien) = expériences du morcellement physique ou psychique)

Tue les Barons

Errances et combats.

 

Mariage avec Iseut aux Blanches Mains mais non consommé (sublimation de l'amour charnel)

Combat contre

le géant

 

Tristan le Nain ; dédoublement et affaiblissement de l'ego

 

Mort de Tristan le Nain

Tristan empoisonné + nef sur la mer pour aller chercher Iseut la Blonde

Voile noire au lieu de la voile blanche à cause d'Iseut aux Blanches Mains . Mort réelle

 

Chèvrefeuille + coudrier au-delà de la mort

Pérennité du mythe.

 

 

 


 

Initiation d'Iseult La Blonde pour devenir La Blanche :

 

 

  Préparation du myste Voyage dans l'Autre Monde Renaissance

La jeunesse 

d'Iseut

 

 

 

 

Vraiseùblablement initiée à la magie curatrice par sa mère (non précisé dans le roman, appartient à l'enfance obscure de l'héroïne, seulement suggérée par le récit

 

La mort

du

Morholt

 

Départ de l'oncle maternel d'Iseut pour l'île Saint-Samson, lieu sacré par excellence. Son apparence le rapproche d'un être de l'Autre-Monde dont Iseult participe par son lien de parenté.

 

Mort de l'oncle = deuil pour Iseut qui conserve le morceau d'épée meurtrier

 

40 jours pour guérir Tristan

 

Réussite d'Iseut = consécration de son pouvoir de guérisseuse.

 

Épisode du cheveu d'or = Iseut devient femme-oiseau

 

 

Le combat contre le Dragon

 

Offerte en récompense par son père à qui tuera le dragon

Part en secret pour dévoiler « l'imposture » (Bédier p. 41)

 

Conquise par Tristan (Bédier p. 43) mais

Tentation de tuer Tristan par vengeance

Brisure de l'épée = symbole du symbole (reconnaissance)

Donne « le baiser de merci » (p. 46) à Tristan et le reçoit de son père

Devient « Reine aux cheveux d'or » (p. 48)

 

Le philtre

 

 

Nef sur la mer pour rejoindre la Cornouailles

Iseult séparée des siens dans les pleurs.

Tandis que les marins sont sur une île, Tristan et Iseult, seuls sur la nef.

.

 

 

Souffrances physiques = chaleur et soif intenses

Philtre = mort

Jeûne, souffrances (Bédier p. 52) et au 3ème jour : union charnelle

 

Hiérogamie entre le Roi et la Prêtresse, entre le Ciel et la Terre qui renouvelle la puissance de fécondité du monde

Brangien comme substitut d'Iseult

Période faste pour les deux amants à la Cour de Marc

 

La forêt du Morroi

 

 

Donne l'ordre de tuer Brangien (langue) par crainte qu'elle ne parle

puis se pâme avec elle

Episode du pin (langage des arbres puis langage à double sens)

 

Enchaînée pour être conduite au bûcher

(aubépine = symbole du passage dans l'Autre-Monde)

Livrée aux lépreux

S'endort p. 87

L'Autre-Monde = la forêt (nudité, pauvreté, solitude, silence de Husdent),

Passage du Gué aventureux au Mal Pas.

 

Retour à la vie profane avec une nouvelle virginité grâce au pardon de Marc

 

 

La séparation

 

 

Seule avec Marc, menacée par les Barons

Accepte de se justifier par le serment.

Choisit le lieu p. 117 : « à la Blanche-Lande, sur la rive du fleuve qui sépare nos royaumes »

 

Perinis le Blond (double d'Iseult) tue le forestier qui a dénoncé les amants.

Ruse du passeur/pèlerin

Se dénude et prête serment

Épreuve du fer rouge

 

A obtenu l'assentiment du Roi Arthur

Participe par la ruse aux meurtres des Barons (justice)

Refuse le grelot magique envoyé par Tristan (compassion)

 L'ultime étape

 

Ne reconnaît pas Tristan puis défaillit.

 

Traverse la mer pour de nouveau aller guérir Tristan.

Meurt de désespoir sur son corps.

 

Chèvrefeuille + coudrier au-delà de la mort

(cf lai de Marie de France)

Pérennité du mythe.

 


 

Il n'est pas anodin de noter que ce relevé, un peu rapide, montre sept étapes de l'initiation, ou sept initiations successives, chiffre dont la sifgnification symbolique n'est plus à établir mais qu'une étude ultérieure précisera en contexte. 

 

 

30 mars 2014,

Belline, fille de Bel et d'Amane.

 

 

J'ai découvert par la suite l'étude de Philippe Walter, pourtant directeur du Centre de Recherches sur l'Imaginaire où j'ai fat mes études, Tristan et Iseult, le Porcher et la Truie, qui vient confirmer ou compléter ma proposition et dont je rendrai compte prochainement.

 

Article paru dans Ar Gaël n°

 



09/09/2017
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