Rigantona, Clairière drômoise du Collège druidique des Gaules

Rigantona, Clairière drômoise du Collège druidique des Gaules

Le Temps tel qu'il ne va pas (de soi)

 

 

Pour mieux apprécier certaines aventures de la mythologie celtique telles que la navigation de Bran, l'aventure de Conlé le beau ou la navigation des moines de Saint Mathieu (Godefroy de Viterbe), impliquant le plus souvent un séjour dans un sidh, mais surtout une appréhension différente du temps qui passe, il peut être nécessaire de recenser différentes conceptions qui existent du temps, sans exclure d'avoir le cas échéant à s'interroger sur la nature de celui-ci.

 

a) conception linéaire du temps

 

c'est celle que nous connaissons le mieux , utilisée aussi bien par le judéo-christianisme

 

 

                                               péché                                                     armageddon/

                                              originel               messie= jésus              apocalypse

 

paradis                                          [-----------------------I----------------------->]                           règne de Dieu sur terre

 

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que par le marxisme :

 

 

                               division du travail

                               propriété privée

                               apparition des classes

                               = péché originel                                                                   lutte

                                                                histoire = conflit            messie =        finale

 

communisme                               [------------------------------------------I-------------->]                    société sans classes

originel

                                                                moteur de l'histoire      classe             fin de

                                                                = lutte des classes       ouvrière         l'histoire

                              entrée dans

                              l'histoire

 

Dans les deux cas, l'état post-historique restitue l'état antéhistorique, l'histoire est affectée d'une nécessité (elle doit se dérouler selon la révélation que l'Homme en à eue, dans la Bible ou le Capital) et elle a un sens, dans les deux acceptions du terme (signification et finalité). Passé, présent et futur sont perçus comme radicalement distincts les uns des autres, le présent est un point sur une ligne dont on connaît le début et la fin, même si l'on en ignore la durée.

 

 

b) conception cyclique du temps

 

Cette conception est celle de l'antiquité européenne pré-chrétienne, induite par l'observation du monde (saisons, lune, soleil...) ; ici, l'histoire n'a ni début ni fin, et n'est pas extérieure mais liée au devenir des Hommes.

Cela dit, il y a quand même linéarité, car à l'intérieur du cercle, les évènements continuent de se dérouler dans un ordre immuable. Notre liberté s'en trouve limitée d'autant, sauf si l'on rajoute au cercle une dimension pour passer ainsi à une

 

 

c) conception sphérique du temps

 

développée par Nietzsche dans « Ainsi parlait Zarathoustra »

 

Il s'agit ici d'une affirmation radicale du non sens de l'histoire : la sphère peut à tout moment rouler dans tous les sens, de même l'histoire peut se dérouler dans n'importe quelle direction, sous réserve qu'une volonté assez forte lui imprime son mouvement. L'Histoire n'a que le sens que lui donnent ceux qui la font. Passé, présent et futur ne sont plus des points distincts sur une ligne pourvue d'une seule dimension, mais des perspectives qui coïncident dans toute actualité. Toute actualité est non pas un point mais un carrefour : chaque instant présent actualise la totalité du passé et potentialise la totalité du futur.

 

 

d) l'accélération non linéaire de la fréquence du champ temporel

 

Avec cette théorie, les notions d'année lumière et les concepts de passé, présent, futur liés à la vision linéaire de l'univers s'effacent pour faire place à un "multivers" dynamique au sein duquel toute chose, de l'atome à la galaxie, dispose de sa propre chronologie en interaction avec celle des autres, en application de l'affirmation d'Einstein pour qui "le temps est différent pour chaque système en mouvement".

exemple : on observe une croissance accélérée des graines de maïs et haricots arrosées par de l'eau additionnée à de la poudre de roche lunaire, mais les plantes présentent des malformations génétiques et des excroissances cancéreuses. En effet, le temps sur la lune est plus "rapide" que sur la terre.

Nous vivons dans l'illusion que ce qui sépare la lune de la terre n'est qu'une distance linéaire de même nature que celle qui sépare 2 lieux sur notre planète, or il n'en est rien. De la même manière, une eau martienne sera déphasée par rapport à la biochimie des humains qui pourraient y aller, indépendamment de sa pureté et de ses qualités apparentes, c'est pourquoi l'on ne pourra pas coloniser mars (ou la lune) en l'état.

Nous nous sommes forgés l'idée que l'univers est structuré linéairement, ce qui en rendrait les proportions mesurables avec un étalon métrique, sans jamais envisager sa nature dynamique ou la relation simultanée temps-espace.

Autre exemple : le délai entre l'émission d'un signal radio émis à travers l'espace par une sonde et sa réception est-il imputable à la distance linéaire ou à un différentiel du temps lui-même ? On pense que la lumière parcourt un mètre en 1/299792.427ème de seconde. N'avons-nous pas faussement présumé que chacune des 299792.427èmes parties de la seconde a exactement la même durée que les autres ? Cette supposition nous a amené à définir "c" (vitesse de la lumière) comme étant une constante universelle qui à son tour définit notre perception de l'univers. Mais si en fait chaque système a une chronologie propre fonction de son énergie sous-jacente, nous ne pouvons plus distinguer le passé du futur puisqu'il n'existe pas de présent absolu pouvant servir de référence...

 

On voit comment la navigation de Bran peut illustrer à merveille cette théorie :

 

Alors que Bran se repose à l’extérieur de son château, il entend un chant étrange, dont la voix lui vante les délices d'Emain Ablach, la Terre des Pommiers (symbole d’éternité), une île au milieu de l’océan. Ne pouvant résister à l’invitation magique, il se procure un bateau et s’en va avec « trois fois neuf » compagnons. Sur la mer, il est accueilli par un chant de Manannan Mac Lir, le dieu souverain du Sidh. La première île qu’ils abordent est occupée par des gens qui ne font que rire, et ne leur prêtent aucune attention ; un des marins débarque, il est aussitôt prit d’un rire frénétique, et refuse de remonter à bord. Enfin ils approchent de l’Île des Femmes (Tir na mBân), la reine lance un fil à Bran de façon à tirer le bateau, et tous débarquent. Toutes les femmes sont jeunes et magnifiques, chaque compagnon en choisit une, la reine se réserve Bran. Ils vivent là plusieurs « mois » dans une félicité totale.

Mais la nostalgie de l’Irlande commence à se répandre chez les hommes et Nechtan, fils du dieu Collbran, décide Bran à rentrer. La reine leur adresse une sévère mise en garde, mais ils passent outre. Arrivés sur les rivages d’Erin, personne ne les reconnaît, et eux-mêmes ne reconnaissent personne. Nechtan descend à terre, il se transforme en un tas de cendres. Bran qui a compris, reprend la mer pour une navigation sans fin.

 

La gwerz des moines de l'abbaye St Mathieu transcrite par Godefroy de Viterbe nous conte une histoire sensiblement identique (moins les femmes !), et est encore plus explicite : un des vieillards habitant l'île d'or dit aux moines : "C’est un siècle, en effet, que dure une de nos journées."

 

Enfin cette dernière histoire : Alors qu’il se promène avec son père sur la colline d’Uisnech, Conle, surnommé « le Beau », rencontre une femme magnifique, qui lui déclare son amour, et lui demande de la suivre dans un pays merveilleux, où règne la félicité. Son père a entendu les propos de la jeune femme sans la voir, il demande au druide Corann d’user de sa magie, pour le retenir. Le druide prononce des incantations qui couvrent la voix de la Bansidh ; elle doit partir, mais offre une pomme (symbole du Savoir et de la Magie) à Conle, dont il se nourrit exclusivement pendant un mois, sans qu’elle change d’aspect. La femme revient, et cette fois, Conle part avec elle dans une barque de cristal. La magie des Bansidh est plus puissante que celle des druides en matière d'amour.

 

Ce genre de voyage vers le sidh, est réservé aux guerriers choisis par ces femmes. Les séjours dans l’Autre Monde sont généralement fatals car le temps n'y est pas le même. Croyant y passer quelques heures ou quelques jours, on y reste des siècles. Le retour dans le monde des humains est alors impossible...

 

 

pour aller un peu plus loin, une mythologie moderne : l'expérience de Philadelphie

 

On peut voir avec intérêt un épisode de la saison 2 de la série X- Files, "le vaisseau fantôme", dont voici le point de départ :

«  la dernière position connue de l'USS Argent était dans l'équivalent norvégien du Triangle des Bermudes jusqu'à ce qu'un canot plein de survivants soit retrouvé. L'oeil curieux de Mulder est particulièrement frappé par le fait que tous ces marins semblent avoir vieilli de plusieurs dizaines d'années en quelques jours... »

Cette histoire est inspirée de l'expérience de Philadelphie (qui a également donné matière au film "Nimitz, retour vers l'enfer" avec Kirk Douglas en 1984), qui se serait déroulée en 1943 :

des tests sur l'antigravité pratiqués sur l'USS Eldridge ont abouti à l'invisibilité de tout un navire et de son équipage. Le destroyer, disparu du port de Philadelphie, apparut quelques instants plus tard à Norfolk, à des centaines de kilomètres de là, et réintégra les eaux de Philadelphie.

Il s'agissait d'un camouflage électronique, produit par des champs d'énergie, en application de la théorie d'Einstein sur les champs unifiés, mais plus sûrement grâce aux ondes scalaires découvertes par Tesla. Seulement les marins n'ont pu en supporter les effets : certains voyaient double, d'autres riaient et titubaient, quelques-uns s'évanouissaient. Certains prétendaient qu'ils étaient passés dans un autre monde et qu'ils avaient parlé avec d'étranges créatures qui le peuplaient. D'autres sont morts.

Après ça tous furent déclarés impropres au service et limogés pour déséquilibre mental, après qu'on eut essayé de les convaincre que tout ceci n'était pas arrivé et leur avoir fait jurer le secret.

Ces séries d'expériences auraient débouché sur des conséquences aussi imprévisibles que désastreuses, voyages dans le temps et ouverture de portes donnant sur d'autres dimensions, portes que les militaires n'ont jamais pu refermer, et à travers lesquelles, à la faveur d'un puissant courant d'ondes magnétiques, pourraient déferler des entités à des dates bien précises... (la samhain ?)

Aujourd'hui c’est afin de manipuler le climat qu’on utilise des ondes à très basses fréquences (projet HAARP) ; cette guerre des ondes serait plus ou moins directement responsable des cataclysmes à répétition observés ces dernières années...

 

Barde Erispoë

 



13/09/2017
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